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Temps de conduite et de repos d’un conducteur d’autocar

C’est cette règle, et non la distance, qui fixe l’heure de retour d’un long trajet.

de conduite par jour
9 hde conduite par jour
avant la coupure obligatoire
4 h 30avant la coupure obligatoire
de pause, fractionnable
45 minde pause, fractionnable
de repos entre deux services
11 hde repos entre deux services

Beaucoup de trajets se heurtent à un mur que personne n’avait vu venir : le conducteur n’a plus le droit de rouler. Ce n’est pas une question de fatigue appréciée au cas par cas, c’est un plafond réglementaire européen, contrôlé par le chronotachygraphe du véhicule et sanctionné en cas de dépassement.

Pour vous, cela se traduit par une contrainte simple : au-delà d’une certaine amplitude, votre trajet demande un second chauffeur ou une nuitée sur place. Dans les deux cas, l’ordre de grandeur du devis change, ce qui vaut la peine d’être connu avant de fixer le programme.

Les plafonds journaliers

La durée de conduite est limitée à neuf heures par période de vingt-quatre heures. Elle peut être portée à dix heures, mais deux fois par semaine seulement. Il s’agit d’une marge exceptionnelle et non d’un régime courant.

Attention à ne pas confondre conduite et service. Les neuf heures ne comptent que le temps au volant : l’attente pendant une visite, le chargement des bagages ou une mise à disposition sur place n’entrent pas dans ce plafond, mais comptent dans l’amplitude de travail, qui a ses propres limites.

La coupure des quarante-cinq minutes

Après quatre heures et demie de conduite cumulée, le conducteur doit prendre une pause d’au moins quarante-cinq minutes. Elle peut être fractionnée en une première coupure d’au moins quinze minutes suivie d’une seconde d’au moins trente minutes, dans cet ordre et non l’inverse.

Concrètement, sur un Paris-Lyon, la pause n’est pas une option de confort à négocier : elle est dans l’itinéraire dès le départ, et elle allonge le trajet d’autant.

Le repos entre deux journées

Entre deux services, le conducteur doit disposer d’un repos journalier d’au moins onze heures consécutives, réductible à neuf heures trois fois entre deux repos hebdomadaires.

C’est ce paramètre qui rend impossible le schéma « départ à 5 h, retour à minuit, redépart à 6 h le lendemain ». Sur un séjour de plusieurs jours, il impose soit un hébergement du chauffeur sur place, soit un relais.

Le double équipage

Deux conducteurs à bord permettent de couvrir une amplitude bien plus large, chacun conduisant à tour de rôle pendant que l’autre se repose. C’est la solution classique des très longues distances et des trajets de nuit.

Elle a un coût : deux chauffeurs représentent deux journées de travail facturées. Sur un trajet limite, il vaut souvent la peine de comparer le double équipage et le départ la veille avec nuitée, la seconde option étant fréquemment moins chère.

Sources

Cette page décrit la réglementation applicable au transport de voyageurs à la date de sa publication. Elle ne remplace pas les textes officiels, qui font seuls autorité.

Questions fréquentes

Quelle distance un autocar peut-il couvrir dans une journée ?

Avec neuf heures de conduite et une pause obligatoire, un autocar couvre de l’ordre de 700 kilomètres sur autoroute dans une journée, moins sur route. Au-delà, il faut un second conducteur ou une étape. Ce n’est pas une question de véhicule : un autocar roule sans difficulté mille kilomètres, c’est le conducteur qui ne le peut pas.

L’attente sur place compte-t-elle dans le temps de conduite ?

Non, elle ne compte pas dans les neuf heures de conduite, mais elle compte dans le temps de service du conducteur, qui a ses propres limites. Une mise à disposition longue avec peu de kilomètres peut donc être bloquée par l’amplitude de travail alors que le plafond de conduite est loin d’être atteint.

Peut-on demander au chauffeur de dépasser un peu ?

Non. Le chronotachygraphe enregistre tout, les contrôles sont fréquents et les sanctions visent le conducteur comme l’entreprise. Un dépassement demandé sur place se solde par un refus. L’amplitude se cale donc au moment du devis.

Le chauffeur peut-il dormir dans l’autocar ?

Pas pour son repos journalier. La réglementation autorise le repos à bord sur les véhicules équipés d’une couchette, ce qui n’est pas le cas d’un autocar de tourisme. Sur un séjour de plusieurs jours, le conducteur est hébergé à l’hôtel, et ce coût figure au devis avec le reste.

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